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14.04.2008

En ce temps-là, le chemin de fer

2af852f1925342655e34d9c5bd9cb445.jpgInstallé dans la seconde moitié du 19eme siècle, le chemin de fer joue un rôle très important dans la vie de cette époque. C'est pratiquement le seul moyen de transport des marchandises et des personnes. Le réseau des voies ferrées en Belgique fut longtemps le plus dense au monde. On ne peut évidemment négliger l'importance du transport par voie fluviale à cette époque, mais ce n'est pas l'objet de cette rubrique

En consultant les anciennes cartes et les plans Popp on constate que le chemin de fer fut installé bien avant 1900 et qu'il est à double voies.. En ce qui concerne le passage à niveau du Houlbousse, on perçoit trois phases : un passage, puis on voit apparaître la mention de l'arrêt avec une aubette (sur le plan Popp) et par la suite une maison. (carte de 1890). On peut donc affirmer que les barrières existaient déjà avant 1900.

dcf00c99289ee2bff7cf1e2e269c11b0.jpgEn 1938, la ligne de chemin de fer est donc à double voie et la traction des convois est assurée par des machines à vapeur, monstres crachant la poussière et la fumée noire car le charbon utilisé est de piètre qualité, crachant aussi des escarbilles : braises qui en retombant endommageaient le linge ou mettaient le feu aux broussailles en période de sécheresse. Poussière que l'on retrouvait inévitablement dans l'eau de pluie, rendant son utilisation très limitée. Les rails avaient une longueur de 27 mètres : on imagine le bruit que faisait chaque essieu de roue lorsqu‘il passait sur chaque joint : on entendait venir le train de loin. Sur la ligne, de nombreux trains de voyageurs, transportant les ouvriers qui venaient travailler dans les industries du bassin liégeois, notamment ceux en provenance de la Hesbaye (on les appelait « les bèdots ») et d'une partie du pays flamand, transportant aussi les écoliers et étudiants. La plupart des voitures voyageurs étaient en bois, seuls les trains directs étaient équipés de voitures en fer qui ont encore fait du service jusque dans les années 80 sur certaines lignes.

Bruit des trains, bruit infernal de ces longs convois, parfois plus de soixante wagons métalliques, amenant le minerai de fer des mines de Lorraine pour alimenter les hauts-fourneaux.

 

Wagons en fer, wagons en bois aussi, ouverts ou fermés. Wagons fermés immortalisés dans certains films car ils servaient tout autant au transport de marchandises que de personnes : ils portaient d'ailleurs des inscriptions indiquant le nombre de chevaux que l'on pouvait y mettre ainsi que le nombre de personnes. Wagons qui se fermaient de l'extérieur, wagons qui on servit à transporter les troupes, les prisonniers, les personnes déplacées, les déportés et autres Juifs.

Pour la petite anecdote, on notera que le chemin de fer était installé sur des terrains mis à leur disposition par bail emphythéotique. On dit que la SNCB paie toujours à certains endroits un droit de passage sur les terrains des grands propriétaires fonciers !

A chaque croisement du chemin de fer avec une route existante : un passage : à niveau, en tunnel ou sur un pont. A Chokier, il y avait, en 1938, quatre passages à niveau. Deux passages à niveau gardés : rue de Fexhe et rue Dony, un passage à niveau non gardé (Trokay) et un passage à niveau étroit et non gardé un peu plus loin vers Flémalle que le passage de la rue Dony (il ne permettait que le passage de piétons).

 

Le passage de rue de Fexhe était donc un passage à niveau gardé mais dont les barrières étaient fermées en permanence (à l'inverse du grand passage à niveau de Flémalle qui était normalement ouvert). A Chokier, le passage était gardé par une garde-barrière qui travaillait chaque jour de 7hrs du matin à 7hrs du soir (27 jours par mois sur 30). A l'arrivée d'un véhicule, elle devait téléphoner à la cabine d'aiguillage de Flémalle-haute pour demander l'autorisation d'ouvrir le passage. La nuit, c'était papa qui assurait bénévolement le service. Les barrières étaient donc fermées en permanence et cadenassées la nuit Un portillon métallique permettait le passage, en tout temps, des piétons. A chaque passage, on imagine le bruit lorsque le portillon se refermait !! . 

Si le nombre de passages était généralement réduit, il n'en était pas de même, en période de récoltes, spécialement, lors de la récolte des betteraves car le Houlbousse était la seule voie praticable pour les lourds charrois qui descendaient des cinq fermes du plateau pour se rendre à Engis pour le chargement sur les wagons.

Le passage à niveau du Houlbousse était également, avant-guerre, un point d'arrêt pour les trains omnibus. La garde-barrière devait donc distribuer les tickets et contrôler les voyageurs à la montée comme à la descente. Elle disposait à cette fin d'une aubette. Lors des premières années du chemin de fer, cette aubette était le seul édifice existant et se trouvait du côté sud du passage. Par la suite, une maisonnette sera construite et l'aubette sera transférée de l'autre côté.

Après le 10 mai 1940, les trains ne s'arrêteront plus à Chokier !

 

 

 

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